La méditerranée va-t-elle passer l’été ? – Réflexions autour du théma Arte

Hier, Arte diffusait un documentaire au titre provocateur et préoccupant : « La méditerranée va-t-elle passer l’été ? ».

Amoureuse de la mer, je pense souvent la méditerranée comme un espace de définition de mon identité. Je suis méditerranéenne, ma culture et mon identité sont tournées vers cette mer au bord de laquelle j’ai grandi.

Le titre m’a donc fortement interpellée, j’ai regardé le documentaire, et j’en suis ressortie déprimée.

Le ton y est extrêmement alarmiste. Le patrimoine naturel de la méditerranée est sous pression, et le risque de le détruire définitivement existe. Les intervenants confessent même leurs inquiétudes : pourra-t-on sauver la méditerranée ? Ils ne peuvent pas répondre que oui. Revenir en arrière semble difficile.

Je me suis demandé ce que je pouvais faire, à titre individuel. Face aux problématiques soulevées par le documentaire, on se sent impuissant. Je pense à certaines habitudes que j’ai changées, que je pourrais changer.

Puis je me suis dit que j’ai un blog, que c’est un espace qui sert à ça : réfléchir collectivement sur des sujets qui nous font réagir.

Pas pour vous faire la leçon. Plutôt pour partager mes réflexions et prises de position, dans l’espoir d’ouvrir un débat avec vous, lecteurs.trices. Mon optique est celle de dialoguer avec vous autour des questions de ce documentaire.

D’essayer de se poser la question « après la prise de conscience, qu’est-ce que je peux faire à mon niveau, celui du citoyen ? »

La méditerranée va-t-elle passer l’été ?

Si vous n’avez pas le temps de voir le documentaire en entier, vous pouvez regarder ce petit résumé publié par la chaîne sur twitter.

 

Pour voir l’intégralité du théma, vous pouvez trouver le contenu en ligne ici (disponible jusqu’au 15 juin 2018).

Le documentaire est construit autour de grands thèmes qui sont les problématiques les plus à risque pour la méditerranée.

Si vous lisez ce blog, vous êtes certainement sensibles au sujet : aimer l’Italie, c’est aussi être un amoureux de la mer et du littoral.

Les bateaux de croisière

Le documentaire s’ouvre à Palma di Majorca, un port qui cherche à accueillir toujours plus de croisiéristes. Ce sont parfois huit bateaux par jour qui mouillent le long de ses quais.

Quand on parle des bateaux de croisière, on pense tout de suite à Venise. Récemment, la décision de ne plus faire passer les bateaux de croisière par le canal de la Giudecca a fait grand bruit. Saluée comme une victoire par les médias internationaux, c’est pourtant une histoire un peu plus complexe.

guide touriste venise

Le canal de la Giudecca

Les bateaux de croisière continueront à entrer dans la lagune. Seulement, une nouvelle route va être ouverte. Elle passera loin des îles vénitiennes, pour faire amarrer les navires face à la zone industrielle de Marghera.

Donc des bateaux plus gros, qui continueront à déverser des flux plus importants de touristes sur Venise.

Pourquoi les bateaux de croisière sont-ils un problème ?

Il y a plein de raisons qui font que ce type de tourisme a des conséquences plus graves sur l’environnement.

  • L’écologie. Les moteurs de ces bateaux recrachent des particules fines générant une pollution énorme. Ils sont extrêmement énergivores, pour alimenter les divertissements proposés à bord aux croisiéristes. Ils impactent donc fortement la santé des résidents des ports mais aussi celle des passagers eux-mêmes.
  • L’économie. Les croisiéristes injectent de l’argent dans l’économie locale, c’est vrai. Mais ce tourisme principalement de masse reste problématique pour plusieurs raisons. Premièrement, les bénéfices vont majoritairement aux mêmes restaurateurs et commerçants, ceux situé sur les itinéraires balisés que suivent les croisiéristes. Deuxièmement, le monde de la croisière s’est démocratisé, et s’ouvre donc à des porte-feuilles moins épais : les retombées économiques s’en ressentent et diminuent en moyenne par croisiériste.
  • L’aspect social : c’est une question que je connais moins bien mais le personnel employé sur ces navires est souvent mal payé, soumis à des horaires très durs, parfois non-autorisé à descendre aux escales pour des questions de visas.

En résumé, les croisières apportent un bénéfice économique relatif au prix d’un sacrifice écologique énorme. De plus, les villes doivent investir pour équiper leurs ports et attirer les compagnies. La balance semble complètement déséquilibrée.

Venise est une ville particulièrement concernée par tous les problèmes liés à la méditerranée

Du côté du touriste : choisir une croisière c’est choisir l’un des modes de tourisme les plus polluants pour finalement découvrir très superficiellement une destination faute de temps suffisant passé sur place.

Est-ce que ça vaut vraiment le coup ?

Je pense clairement que non. Mais je vous l’ai dit, j’espère que cet article suscite le dialogue, j’espère pouvoir débattre de ce sujet avec ceux qui voient les choses différemment 🙂

Le plastique

C’est pas nouveau : la mer est pleine de plastique. Mais à ce point ? Je pense qu’aujourd’hui nous savons tous que les déchets plastique ont envahi nos mers et nos océans. Qu’ils finissent en micro particules dans l’estomac des poissons que nous mangeons. Récemment sur les plages espagnoles, on a retrouvé un cachalot échoué avec 29 kg de déchets dans l’estomac.

Ici, nous sommes tous concernés, en tant que consommateurs de plastique.

visiter ancone

Le port d’Ancone dans les Marches

Alors que faire ?

Recycler n’est pas vraiment suffisant : on met en mains aux autorités nos déchets plastique mais on ne sait pas vraiment s’ils seront valorisés correctement.

A mon avis, nous pouvons chercher à réduire le volume.

C’est naïf mais voici les petits gestes anti-plastique que j’essaie d’adopter :

  • utiliser une gourde
  • stocker les restes alimentaires dans des bocaux en verre avec couvercle plutôt que sous un cellophane
  • acheter les fruits et légume en vrac
  • refuser les sachets plastique si possible
  • éviter la nourriture en mini portions (les yahourts individuels par exemple)
  • éviter de changer mes appareils électroniques tant qu’ils fonctionnent encore

Avez-vous des idées à ajouter à cette liste ? Je n’aime pas trop le terme « zéro déchets » car ça me semble un peu impossible et culpabilisant, mais j’essaie de chasser le plastique inutile de mon quotidien, alors si vous avez des conseils à partager, ce serait très intéressant !

La pollution des eaux

C’est le problème le plus déroutant, je crois. Le documentaire nous montre comment les industries rejettent des produits nocifs dans la mer, mais aussi comment les autorités locales balancent leurs ordures, solides ou liquides, directement à la mer.

sorrento

Une piscine naturelle à Sorrento

Là, on se sent vraiment impuissant. On regarde les pêcheurs désemparés compter les 4 poissons qu’ils ont trouvé dans leur filets. Et on a la sensation qu’on empoisonne la mer.

La seule chose que l’on peut faire, en tant que citoyen, à ce niveau là, c’est éviter de jeter des trucs à l’eau, bien sûr. Mais aussi choisir une crème solaire qui ne défonce pas les coraux et les fonds marins, ou ne pas utiliser de produits gommants (fourrés aux micro billes de plastique).

On n’y pense peut être pas mais le dépôt créé par les crèmes solaires asphyxie une partie de la flore marine. Le Huffington Post parle carrément de 4000 à 6000 tonnes de crème diluée dans les eaux mondiales chaque année.

La solution serait d’acheter de la crème bio, plus chère mais franchement, je préfère économiser sur autre chose et investir dans une crème qui ne tue pas l’une des choses que j’aime le plus au monde, la mer.

Vogue recommande ici cinq marques écolo (et donne les prix).

Et pour se faire un gommage, je recommande la recette simplissime : récupérer le marc de café de sa moka, le mélanger à son gel douche et se laver avec. La peau est incroyablement douce sans sentir le café, c’est génial.

Les associations

On peut aussi faire le choix de s’engager auprès d’une association qui lutte contre la pollution des océans. Je pense par exemple à Surf Rider Foundation qui lutte contre la pollution des eaux dans le monde entier. On peut donner du temps ou de l’argent à ces associations pour soutenir leurs actions (je sais, je ne vous apprends rien, seulement je crois que leurs actions sont importantes).

La conclusion du documentaire est vraiment alarmiste. Les experts l’avouent : ils ne peuvent pas donner une réponse rassurante sur le futur de la méditerranée. Alors on peut déjà se questionner sur notre façon de voyager dans cet espace merveilleux et fragile, et sur l’impact de notre mode de vie et de consommation. Ça me semble dérisoire, mais en même temps indispensable.

J’espère maintenant pouvoir discuter avec vous du sujet… avez-vous vu ce documentaire ? Avez-vous des idées sur nos moyens d’agir ?

Ajout à l’article :

Les idées des lecteurs.trices

Mon but, c’était de discuter autour de ce sujet et certain.e.s ont répondu présent.e.s ! Alors j’ajoute à l’article vos idées pour rester positif face à un problème énorme qui nous semble parfois écrasant.

  • Voter pour des partis ou des représentants qui accordent de l’importance à l’écologie (oui, en effet, la politique devrait permettre de changer ou de faire évoluer le cours des choses, du moins en théorie)
  • Participer, le 15 septembre, au World Clean Up Day pour nettoyer les littoraux (voir la vidéo et son trailer digne d’Hollywood).
  • Suivre des groupes d’échange Facebook dédiés à l’écologie, comme « Gestion budgétaire, entraide et minimalisme« 

D’autres idées ? Je mettrai la liste à jour au fur et à mesure ! Merci à vous 🙂

 

5 Comments on "La méditerranée va-t-elle passer l’été ? – Réflexions autour du théma Arte"

  1. Moi aussi, cette année en compagnie de mes élèves Flam (8-10 ans), nous avons réfléchis pour nous éduquer pour respecter notre planète, l’écologie et faire quelques pas vers Déchet Zéro, plutôt difficile à rejoindre. Une date importante : 15 septembre source de réflexion pour tout l’été –

    [youtube=http://www.youtube.com/watch?v=7pHW3KEP5HU&w=840&h=503]

  2. Je suis un groupe Facebook « gestion budgétaire, entraide et minimalisme » qui s’interesse à ces problématiques, apporte des idées, et donne des clés pour ne pas sombrer dans le défaitisme et pessimisme 😉

  3. Très bon article et vaste problème. C’est vrai que si à notre échelle on a envie que les choses changent, c’est très difficile dès lors que l’état et les collectivités locale ne s’engagent pas plus.

    J’essaye aussi au quotidien de réduire mes déchets et ça passe par de petits gestes simples : aller chez le boucher avec un tuper en verre, comme ça, on ne consomme pas de papier plastifié de boucherie. Je fais maintenant mon gommage maison avec du miel et de la cassonade, comme ça, je ne consomme plus d’emballage pour ce produit là au moins. Je me lave avec du savon de Marseille (pas d’emballage non plus et c’est naturel. J’essaye d’acheter plus en vrac, mais ce n’est pas toujours possible.

    Pour la crème solaire, je suis aussi d’accord pour investir dans une crème plus chère, mais de façon générale, on ne sait pas bien ce qu’il y a dedans, alors le mieux est encore de trouver d’autres moyens de se protéger, avec les vêtements…

    Même si ces gestes me donnent parfois un peu meilleure conscience, je sais bien qu’à moi seule, je ne vais pas résoudre le problème… mais c’est toujours ça de gagné !

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