Monti, mon amour

Tomber amoureuse de Rome, quartier après quartier.

D’abord de la Garbatella, mon quartier d’adoption, qui m’a séduite avec ses belles maisons qui ouvrent leur vieux volets sur des cours collective où jouent les enfants.

Ensuite San Lorenzo, quartier universitaire fréquenté pendant l’erasmus, avec sa petite place en pente douce où il se passe un truc différent chaque soir : jam session improvisée, meeting politique, grosse ambiance de fête pour l’anniversaire de Rome…

Puis Trastevere, touristique mais si beau, qui libère tout son charme dans les effluves parfumés des bougainvilliers et du jasmins qui montent vers le Janicule pour admirer Rome tout entière.

Encore l’Aventin, calme colline aux airs bourgeois dont les jardins débordent et semblent prêts à envahir la ville pour la remplir du parfum des oranges pourrissantes.

Campo de’ fiori, un dédale de ruelles dont on ne voudrait plus sortir, faites de petites boutiques chic et de gros sapietrini qui font trébucher le pas du promeneur qui s’absorbe dans la contemplation d’une madonne posée sur une corniche.

Le Ghetto, sa porte antique qui nous invite à un voyage dans le temps et débouche sur un monde fait de petits détails à observer et de tortues séculaires qui prennent le frais dans une fontaine.

Et maintenant, Monti.

Des rues envahies par des rideaux de verdure qui descendent puis remontent en un labyrinthe où l’on se perd pour déboucher sans le vouloir sur le marché de Trajan, sur le Colisée ou sur le Quirinale.

Pendant longtemps, j’ai dédaigné Monti, pensant que le quartier n’était bon que pour faire du shopping dans des boutiques de créateurs de luxe. J’avais tout faux. Monti est une petite île en plein centre de Rome, et pourtant il vibre d’une tout autre énergie que les quartiers touristiques tout proches ou que les grands axes chargés de bus bruyants qui font trembler la terre.

Je suis tombée amoureuse, petit à petit, d’un quartier qu’il m’a fallu du temps pour comprendre. Pour saisir, une visite après l’autre, l’âme des lieux. Pour connaître, petit à petit, intimement et personnellement ce quartier en plein cœur de Rome.

Je vous emmène à la découverte de quelques uns de mes favoris du quartier.

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La piazzetta

Pour comprendre un quartier, en Italie, souvent, il faut chercher sa place. Son épicentre, son lieu de vie d’où l’on part et où l’on arrive. Une fontaine, quelques marches, des bruits d’eau, un bougainvillier, une église et des bars. Pas de doute, c’est une place romaine. Appelée Piazza della Madonna dei Monti, mais surnommée la Piazza ou la Piazzetta, c’est autour d’elle que s’anime Monti.

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Le bar de la place fermé pour la journée

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Trois photos à 1 seconde d’intervalle : un cliché qui se confirme (oui, ils parlent avec les mains)

La nuit, on s’y retrouve pour boire des bières, debout ou sur les marches en parlant très fort. Le jour, c’est pause café ou pause gelato, on s’assoit pour attendre des amis, pour discuter avec des touristes coréens ou pour rencontrer les personnages du quartier. Point d’observation idéal pour s’assoir et voir passer la vie romaine.

C’est midi, vive la piadineria

Lors de mon dernier séjour à Rome, au moment de décider d’un programme pour la journée, nous sommes indécis. L’avantage, quand on connaît bien la ville, c’est qu’on ne ressent aucune urgence à visiter les lieux, on prend son temps, on se laisse porter… rien de précis ne se dégage de nos envies du jour. Rien ? Si, une lueur s’allume dans le regard de mes amis « Et si on allait manger à la Piadineria ? »

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Le point de départ de cet article, c’est elle. La piadineria tellement bonne qu’elle a servi de base à nos projets pour la journée. On va manger là-bas, après, on avise.

Mais c’est quoi, une piadina ? Spécialité romagnole (donc de la région de Bologne), la piadina est une sorte de crêpe épaisse, croquante et moelleuse en même temps, que l’on peut garnir d’ingrédients variés : fromage, légumes crus ou cuits, viande, jambon… Pour la tester à Rome, je recommande chaudement la Piadineria à Monti : les prix sont corrects et la qualité est bien présente. Miam.

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Courgette – Mozzarella – Tomates pour moi

Monti et les gelaterie

A Monti, la vie est légère et les couleurs pastel des façades vous donnent irrésistiblement envie d’une bonne glace aux saveurs de citron, de framboise ou de yahourt… Le quartier prend les estomacs en embuscade et sème une gelateria tous les 100m environ, alors ne cherchez pas à résister et cédez à la tentation… Si vous voulez, testez ma technique pour reconnaître un bon glacier en un coup d’oeil. Sinon, deux adresses sûres vers lesquelles se tourner sans hésiter : Fata Morgana et Ciuri Ciuri. La première, pour ses goûts ultra originaux (peccorino au noix, basilic ou encore pêche au vin), la deuxième, pour sa filiation sicilienne, gage de qualité et assurance de trouver des granite* plus que parfaites !
* prononcez une granita, des granité

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Les jardins de Monti

Maintenant que Monti nous a fait manger plus que de raison, il est temps de se mettre en marche. Perdez-vous dans les ruelles en direction de la via Mazzarino, où se trouve l’entrée d’un des plus beaux jardins de la capitale, et pourtant l’un des moins visités. Les jardins de la villa Aldobrandini surplombent la bruyante via Nazionale et donnent la sensation au visiteur d’être entré dans un monde secret, de contempler la ville de haut, caché dans un écrin de verdure.

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L’aperitivo à Monti

L’aperitivo, c’est payer un peu plus cher son verre et pouvoir manger plein de bonnes choses mises à disposition sur le bar. Bref, c’est cool. A Monti, pour un aperitivo abondant, je me tourne sans hésiter vers le Black Market, une adresse assez branchée via Panisperna. La déco rappelle qu’avant d’être le quartier un peu bohème que l’on connaît, Monti était un quartier pauvre renommé pour ses prostituées. A l’intérieur du Black Market, on peut voir la liste des tarifs que pratiquaient ces dames, reliques d’un passé bel et bien achevé.

Pas de photo du lieu (trop sombre, ça ne rend rien), mais une dernière dose de jolies couleurs et de ruelles, avant de vous laisser avec ma carte des bons plans de Monti 🙂

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Retrouvez toutes ces adresses (plus quelques autres) en un coup d’œil :

 

Et vous, de quel quartier de Rome êtes-vous tombé amoureux en premier ?

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3 Comments on "Monti, mon amour"

  1. L’Italie, c’est vraiment joli, ce pays je l’aime plus que tout !

  2. Je souhaite venir ici même une fois, regarder leurs vies sont intéressantes

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