J’ai testé pour vous : la Saint Valentin à Rome

saint valentin à rome

Rome, ville romantique ? Idéale pour se sentir le cœur battant, les lèvres humides, le regard mouillé avec sa tendre moitié ? Parfaite pour flâner un bouquet de roses à la main, du Panthéon à la  place Navone ? Ou encore, pourquoi pas, l’occasion rêvée de rencontrer un bel Apollon romain sur sa Vespa ?

N’écoutant que mon courage, j’ai décidé de tenter l’aventure de la Saint Valentin à Rome. Accompagnée de mon amie Lisa, j’ai testé pour vous l’expérience romantique. Review.

saint valentin à rome

 

Saint Valentin à Rome : c’est parti !

Direction Buro e Sugo, un restaurant qu’on m’avait recommandé pour la qualité de ses produits et ses prix plus que raisonnables. Quand un italien me conseille un restaurant et me dit que les produits sont d’une super qualité, en général, ça me rend dingue. Je m’imagine déjà des torrents de jambon de parme, des piscines de sauce tomate, une jungle de basilic frais, des nuages de mozzarella di buffala… un monde ou l’on s’enivre à l’huile d’olive, ou l’on se met par terre pour une penne rigate, où l’on chante la sérénade à une bruschetta.


On s’est donc ruées chez Buro e Sugo, la bave au lèvres, prêtes à se laisser plonger dans l’univers chaleureux et réconfortant de la gastronomie italienne.

Cependant, Cupidon nous avait mijoté une tout autre soupe.

La salle était pleine de couples au regard mièvre, dont certains affichaient un air d’ennui intergalactique à se féliciter d’être célibataire. Che palle*. La table est sale et collante, un bouquet de fleurs en plastocs et des petites bougies installent une ambiance romantica en carton. Le serveur revient avec des couverts, mais pas de menu. Bizarre…

* Ke pallé = quel ennui, fais chier…

Tout d’un coup, apparaissent sur la table une assiette de charcuterie, deux verres de prosecco et une pizza bianca.

– Excusez-moi, on n’a rien commandé, il doit y avoir erreur ?

Regard consterné du serveur. Ma… è San Valentino ! Menu fixe ! Et il nous jette, en guise d’explication un morceau de papier en piteux état, qui annonce une liste de plats longue comme le bras et un prix exorbitant pour l’Italie et le quartier : 26 €

Voici le festin qu’on nous propose :

Prosecco de bienvenue
Antipasti : 
Assiette de charcuterie et fromage
Pizza Bianca
Cœur d’artichaut crémeux
Voule au vent (en français dans le texte)
(la Vulve au Vent ce sera pour plus tard)
 
Primo piatto :
Risotto aux courgettes ET Pasta al ragù
 
Secondo piatto :
Steack de boeuf au poivre 
Dessert : 
Cannolo au chocolat flambé 
Tous les plats listés sur ce menu doivent être consommés par le client. J’essaie de négocier pour n’avoir qu’un seul des primo, sachant que je ne mangerai jamais tout, la réponse est ferme, c’est non. C’est la Saint Valentin, alors tu bouffes, ok ?
Oui mais il y a un petit problème. Non seulement Lisa et moi ne sommes pas ravies de payer la taxe de l’amour, soit 26 balles de restau alors qu’on pensait en dépenser 15 à tout casser, mais en plus, c’est dégueulasse. Le vin est chaud, le fromage en plastique, la mortadelle industrielle, les voule au vent immangeables.
L’arrivée du risotto aux courgette sonne la fuite : ça a le même goût qu’à la cantine. Au secours.
saint valentin à rome arnaque
Nous prenons nos manteaux et nous nous dirigeons d’un pas ferme vers le bar.
– Y a un problème.
– Et c’est quoi, ce problème ?
– C’est qu’on est pas venues ici pour bouffer du surgelé et payer 26 €.
Je réclame le prix Nobel de la diplomatie pour cette entrée en la matière. Le type derrière le comptoir change de couleur. Du surgelé ? Il n’est pas content. Les voulve au vent ne sont pas surgelées, la preuve, clame-t-il en jetant sur le comptoir une boîte de Vol au Vent industriels… Ah ben oui.
La mortadelle ? Mais qu’est-ce qu’on peut y comprendre, nous les français, à la mortadelle ? Hein ?
Le ton monte, je sens que dans deux minutes, si on ne fait rien, on va nous reprocher le coup de boule de Zidane.
saint valentin à rome arnaque
– Bon, dans tous les cas, on va pas payer 26€ et on veut partir.
– Et qui t’as parlé de 26€ ? Tu veux payer combien, pour ce que tu as mangé ? Hein ? Va y, dis-moi !
Il n’aurait pas dû. Parce que ce qu’on a fait allait le vexer.
– Lisa, deux antipasti dégueulasses et du prosecco chaud, 5€, t’en dis quoi ?
– 5€ chacune, ça me semble juste, ça marche.
Le type a de nouveau changé de couleur, il a pris un papier, et il a écrit, en fulminant intérieurement :
saint valentin à rome
– Par carte, merci.
Voilà comment on s’est retrouvées, la faim au ventre, dans la rue à 23h30 un samedi soir dans un pays où la gastronomie fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Et voilà comment on s’est jetées sur le premier petit restau qui semblait correct pour engloutir une assiette de pâtes (de bonne qualité) à la va-vite.
La Saint Valentin à Rome, une fête qu’on n’oublie pas !
Après ces mésaventures, une balade nocturne dans le centre nous a rappelé que oui, quand même, Rome peut être un beau décor romantique.
saint valentin à rome

 

saint valentin à rome
Si vous avez l’intention de manger au restau à Rome pour la Saint Valentin, dans le but de célébrer l’amour ou dans celui d’honorer le plaisir de manger, je vous conseille donc :
  • De bien regarder s’il y a un menu fixe.
  • De ne pas choisir les endroits avec menu fixe, car ils en profitent pour mettre à la carte des plats cheap dont personne ne veut d’habitude (comme le risotto aux courgettes).
  • De ne pas aller chez Buro e Sugo. C’est pas bon. Ce conseil est valable pour le reste des jours de l’année. Je n’indiquerai donc pas l’adresse, si vous voulez mal manger, cherchez par vous mêmes. De toutes façon c’est dans une petite rue moche du quartier de San Paolo, donc vous ne risquez pas de tomber dessus par hasard.

 

 

Bonne fête des amoureux !

2 Comments on "J’ai testé pour vous : la Saint Valentin à Rome"

  1. En effet mauvaise expérience, surtout à Rome! Je n'aurais sûrement pas osé me plaindre, mais comme quoi, ça paye!

Leave a comment

Your email address will not be published.


*


CommentLuv badge