HistoiresExpatriées 7 – L’italien et moi

HistoiresExpatriées 7 – L’italien et moi

Sept ans à étudier l’allemand sans dépasser le niveau grand débutant ont bien failli me convaincre à jamais d’être inapte à l’apprentissage des langues. Pourtant, aujourd’hui je suis bilingue en italien, j’ai un très bon niveau en anglais et un niveau correct d’espagnol (pour l’allemand, par contre, toujours rien). Qu’est-ce qui a transformé la collégienne, qui transpirait sur ses verbes irréguliers, en adulte qui prend plaisir à suivre des cours de langues et à parler, écrire et lire dans plusieurs langues étrangères ?

L’immersion. Je suis partie, et je suis passée d’une situation d’apprentissage subie à une situation active et choisie. En didactique du FLE, on parle même d’apprenants « captifs » pour décrire un élève a qui on impose d’apprendre une langue. Tout un programme. Je suis donc sortie de l’espace de captivité pour apprendre par mes propres moyens.

italien et moi
Lucie, 21 ans, à peine débarquée à Rome et prête à plonger dans le grand bain sans les brassards.

Aujourd’hui, pour le septième rendez-vous d’Histoires Expatriées, je vais vous parler de mon rapport à la langue, celle que je pratique au quotidien car c’est celle du pays où je me suis installée : l’Italien.

Apprendre l’italien

Pour toute préparation linguistique, six mois avant mon départ, dix minutes d’assimil par jour. Quand je suis arrivée on m’a demandé « Tu parles italien ? » et j’ai répondu, au prix d’un effort paniqué « Scrivere, parlare no » (écrire, pas parler). En effet, j’avais commencé un journal intime en italien, où je transcrivais mes journées en cherchant dans le dictionnaire le vocabulaire qui me manquait. Mes carnets fourmillaient de notes bizarres, du type :

« Mot utile du jour : spazzolino, brosse à dents ».

Si on y pense, brosse à dents est un mot complètement inutile. Vous discutez souvent de votre brosse à dents avec vos amis, vous ? Au stade débutant, savoir dire brosse à dents est à peu près aussi important que de savoir dire béton armé ou soupe lyophilisée.

Ceci est une salle de classe (et une photo moche).

Puis j’ai découvert la sociabilité à la romaine, les soirées dans le centre historique, la foule dense sur le trottoir devant les bars, un negroni ou un spritz à la main. Parler fort, avec les mains, à tout le monde. J’en profite pour remercier les dragueurs du pavé romain qui m’ont permis de perfectionner mes réponses aux questions classiques « comment-tu-t’appelles-tu-viens-d’où-tu-fais-quoi-dans-la-vie-c’est-où-ça-Montpellier ? »

Maintenant, sept ans après mon premier pas dans la ville éternelle, je peux dire que je maîtrise l’idiome de Dante. Pourtant, l’italien restera toujours une langue étrangère pour moi.

C’est l’une des choses les plus amusantes – et parfois les plus agaçantes – de la vie à l’étranger : le quotidien est rempli de faits linguistiques. Tous les jours, on apprend ou s’interroge sur la langue.

Certes, mes domaines d’activité (l’enseignement et l’écriture, parfois la traduction) influent peut être sur ma façon de voir les choses. Comment traduire « des rôdeurs » ? Pourquoi le mot italien pour « râler » ne me semble-t-il pas satisfaisant ? Pourquoi il n’y a pas de terme italien pour dire « mi-temps » ? Quelle est la différence entre une lagune et un étang ? Bref, la langue est au cœur de mes journées.

Les faux-amis

Vous voulez des clichés sur les français ? Me voilà, 21 ans, mon panier sous le bras prête à faire mes courses pour la première fois dans un supermarché romain.

Beurre, facile.
Fromage ? Un peu plus déconcertant, mais ok, on va tester des trucs.
Pâtes ? Un rayon entier, pas de coquillettes, mais je vais pas me laisser impressionner, hop, des spaghettis, voilà !
Gâteaux ? Tiens c’est bizarre ils sont vendus en sac et non en paquets.
Mais… où est la crème fraiche ?

Moi et mon italien rudimentaire demandons à un employé « Dove è la crema ? »
Perplexité.
La crema, quelle crème ?
Quand je me retrouve devant la crème de jour au rayon produit de beauté, je me dis que j’ai dû rater un truc.

Ouais, en italien, on dit « panna ». Et il n’y a pas de crème fraiche au supermarché (ni dans la carbonara, mais c’est un autre débat).

Mon placard après 6 mois en Italie : de la PANNA et des PÂTES

Les francesismi

L’influence du français sur l’italien est considérable. Dans des domaines comme la mode, le luxe, la décoration, la restauration ou les activités créatives, on trouve en italien une foule de mots français.

Le jour où j’ai demandé une lampe de chevet à ma propriétaire et qu’elle m’a dit « Je vais te donner un abat-jour », je suis demandé ce que j’allais bien pouvoir en faire. Oui, en italien, l’abat-jour (prière de rouler le R final) est une lampe, peut importe le type.

« Si tu as froid, je peux te prêter oune bérêtte« , me dit une amie par une journée d’hiver. Oui, bon, je suis française mais c’est pas pour autant que je dois me déguiser en Mime Marceau, je me dit, avant de la voir dégainer un bonnet de laine. Le béret, donc, c’est un chapeau.

Sour cètte photo, yé porte oune bérrètte et yé l’air oun po con

Au comptoir d’une pâtisserie vénitienne, j’avise une magnifique brioche coiffée de sucre. « Mi dai una brioche, per favore ? » (je voudrais une brioche, s’il vous plait). « Certo », répond la serveuse en me tendant un croissant farci à la confiture. « Questo ? C’est une focaccia veneziana, pas une brioche, enfin ! », me répond-t-elle.

Les francesismi sont si nombreux qu’une artiste italienne s’est amusée à écrire un court de 4 minutes en utilisant pratiquement uniquement des mots français. Une question demeure : est-il compréhensible pour un français ? Vous me direz.

L’attrition, la paresse et le chaos linguistique

A force de jongler entre les langues du matin au soir, on a parfois l’impression d’être un peu débile. Se retrouver incapable de trouver le mot pour dire, par exemple, « bretelles de sac à dos » dans sa langue maternelle est une expérience déconcertante.

A la fin d’une longue journée de travail, j’ai souvent la flemme de chercher mes mots et je parle n’importe comment, comprenne qui pourra. Ce qui donne lieu à des situations amusantes quand mes amis me demandent ce que j’entends exactement par « placards du sac à dos ». Ou quand je confonds le mot pour « encre » avec celui pour « pubis » et que la conversation prend un tour inattendu (donc le poulpe crache des pubis, on est d’accord ?).

italien et moi
Ceci est une insalata di piovra, di PIOVRA

Cette confusion linguistique a un nom : l’attrition des langues. Récemment, Courrier Expats consacrait un article à la question, expliquant que l’attrition et la démence ont un point commun : les premières phases sont similaires. Super. Pratiquer plusieurs langues au quotidien à un niveau de compétence similaire rend donc un peu fou, mais rassurez-vous : le phénomène se limite à ressembler aux premières phases de la démence. On ne devient pas fou en vivant à l’étranger donc. Ouf.

Les frustrations

Parce qu’elle est répétitive, cette situation d’instabilité linguistique est assez frustrante.

Quand les mots viennent difficilement, ou que j’ai roulé trop de « r » dans la journée pour ma langue française aux muscles fatigués de battre le palais, épuisé d’être roué de coups auxquels on ne l’a pas préparé.

Parfois, le fait de parler quotidiennement deux langues me donne aussi la sensation de bloquer sur les autres langues. En anglais, je sais que j’ai un bon niveau : je viens de suivre un cours de niveau C1 et j’ai eu un très bon résultat au test final. Pourtant, la dernière fois que je me suis retrouvée à parler anglais avec une fille russe dans une fête, j’en étais à galérer pour trouver mon vocabulaire élémentaire et conjuguer les verbes.

Mais la plus grande frustration pour moi, c’est d’avoir du mal à écrire en italien. Cet hiver, pour tenter de participer à un workshop avec un écrivain, j’ai essayé d’écrire une nouvelle en italien, condition pour être sélectionné. J’ai écrit quatre pages, fière de moi. Jusqu’à ce que je commence à me relire, à chercher les mots exacts pour traduire les images que j’avais dans la tête. Impossible, je copiais des bouts de chansons, fabriquait artificiellement des métaphores lourdes. Jusqu’à en venir à détester mon texte et à vouloir en faire des confettis. Quand je pense que certains auteurs, comme Simonetta Greggio ou Milan Kundera écrivent en français alors que ce n’est pas leur langue maternelle, je m’interroge. Comment c’est possible ? Lecteur, lectrice, si tu as des conseils pour arriver à écrire dans une langue étrangère, je t’en prie, dis-moi tout.

S’améliorer ?

La question qui vient alors est naturelle.

italien
Faire des progrès et des abdos en même temps, la technique Ken

Comment s’améliorer ?

Lire en italien est certainement le meilleur moyen, et je le fais régulièrement. Mais apparaît alors une autre difficulté, car lire en italien affecte mon niveau en français ! Le nombre d’erreurs dues aux ressemblances entre les langues augmente quand je lis en italien, et j’en viens à me poser des questions du type :

« on dit valise ou valige en français ? »

Vous pouvez l’imaginer, en italien on dit « valiggia ».

J’ai aussi souvent la sensation que mes progrès en lexique en annulent d’autres. Découvrir, par exemple, le nom des outils en retapant son appart provoquerait la disparition du lexique disons, de la botanique, appris lors d’une balade en forêt. Comme si ma mémoire était un disque dur à l’espace limité, effaçant des contenus selon leur utilité supposée.

Et pourtant, je continue à mémoriser le mot brosse à dents. Spazzolino.

 

33 thoughts on “HistoiresExpatriées 7 – L’italien et moi”

  • Cet article est tout bonnement délicieux. Il m’a rappelé les conversations que je pouvais avoir avec ma nonna maternelle qui me parlait moitié italien (voire sicilien), moitié français et dont je me demande encore aujourd’hui, 14 ans après sa disparition, si ce sont des mots qui existant vraiment en italien ? 😉
    Je partage tout à fait ton ressenti au niveau de l’utilisation de cette autre langue d’autant plus que je ne l’utilise qu’en période de vacances mais que j’entretiens (du moins, j’essaye) tout en long de l’année en lisant, écoutant des livres ou en regradant la télé.
    Quant au fameux roulement de « r », je suis contente d’apprendre qu’il n’y a pas que moi que ça fatigue, raison pour laquelle parfois j’adopte l’accent façon Bolzano. 😉
    Merci, Lucie, pour le partage de ton expérience et pour ton article qui m’a donné le sourire. 🙂

  • Intéressant ! Tu aurais le lien de l’article sur l’attrition ? Je pense que notre quotidien est un peu affecté aussi parce que le fait qu’on doive moduler notre français pour être compris… donc le simplifier.
    J’ai fait italien LV3 au lycée, c’était ma langue préférée, j’ai même failli faire une LLCE italien 🙂

  • C’est impressionnant tous les francesismi dans la langue italienne. Et oui on comprend bien la vidéo. D’ailleurs c’est drôle mais nombre de ces francesismi sont aussi utilisés en anglais. A croire que le monde entier envie la langue de Molière.
    J’ai vécu pareil dans ce que tu as dis au début de ton article, je suis passée d’un apprentissage des langues subi (le collège) à actrice de mon apprentissage (choix de partir en séjour linguistique) et je pense que ça change tout. Notre état d’esprit nous rend alors disposé à emmagasinner toutes ces connaissances et ça coule de source.

    • Entre français et anglais il y a l’excellent livre de la linguiste Henriette Walter que je te conseille, qui explique les emprunts entre ces deux langues (Honni soit qui mal y pense: L’incroyable histoire d’amour entre le français et l’anglais).
      C’est vrai que l’immersion crée le besoin et donc l’envie d’apprendre !

  • Depuis que je réapprends l’allemand, je mélange souvent l’allemand et l’anglais (que j’utilise de manière quasi quotidienne au boulot), c’est un vrai casse-tête ! Heureusement, c’est est assez éloigné du français pour que ça ne l’impacte pas trop mais jongler entre plusieurs langues, c’est fatigant et il y a certains jours où j’ai pratiqué les trois où je ne sais plus parler une seule quand arrive le soir ! Comme Estelle, je suis impressionnée du nombre de mots français utilisés en italien. Et bravo pour être devenue bilingue ! As-tu continué ton journal italien ou du moins sous une autre forme ? Écrire de la fiction dans sa propre langue ce n’est déjà pas facile alors le faire dans une autre langue… c’est courageux d’avoir essayé en tout cas !

    • Non, je n’ai pas continué ce petit journal, mais j’en avais fait un en espagnol l’année où j’ai vécu en Espagne. Au final c’est un bon exercice mais un peu ennuyeux car on n’y raconte rien de trépidant, le but c’est juste d’aller vers le vocabulaire dont on a besoin vu que c’est celui de notre journée 🙂
      J’ai hâte de lire ton article sur les mots français en Autriche 🙂

  • Article super intéressant! Je n’ai jamais vécu à l’étranger mais je vois que parfois j’apprends de nouveaux mots, de nouveles expressions à ma prof d’italien qui est pourtant parfaitement bilingue. Et je vois bien qu’en retour entre l’italien, le latin et le français je me trompe sur certains mots. Pas facile de comprendre que le même mot signifie deux choses différentes en italien et français (la honte et la vergogne j’ai eu du mal à l’assimiler). C’est une super idée le journal Perso en italieb, je vais essayer de faire ça!

  • Très intéressant ce court-métrage !
    Quand j’habitais à Glasgow un de mes colocs étaient italien et ne trouvais ça chouette de comprendre ce qu’il disait sans avoir étudié la langue. xx

    • Oui il y a certaines langues qui bénéficient de cet effet de proximité, on les comprends (un peu) sans les parler ! Pour moi c’est le portugais à l’écrit : je comprends quasiment tout, à l’oral je piffe rien ^^

  • Comme toi je n’ai jamais réussi à accrocher à l’allemand, (5 ans en primaire) alors que je suis frontalière lol
    J’ai aussi un bon niveau en anglais et en espagnol, mais après 7 années au Japon j’ai beaucoup perdu, un vrai crève-cœur. Ainsi quand j’ai commencé à côtoyer un groupe d’amies composé de Japonaises, d’une Française, d’une Espagnole et d’une Américaine, j’étais tellement rouillée que j’ai mis un moment pour être à nouveau à l’aise dans ces langues sans trop perdre du temps à chercher mes mots et à penser à ma conjugaison. Puis à la fin de la journée mon cerveau ne répond plus de rien. Mais bon je trouve ça quand même fascinant de pouvoir passer d’une langue à une langue comme du coq à l’âne.

  • Je me reconnais dans tes mots, et j’imagine à quel point enseigner le français en Italie doit etre parfois exténuant en fin de journée. Pour mon travail je jongle au quotidien entre italien et anglais, dans ma vie privée j’essaye autant que possible de parler uniquement en français à mon fils de deux ans. Retrouver ‘trottinette’ lorsque tout le monde dit ‘monopatino’ et que je dois lui parler dans y réfléchir trois heures, c’est difficile! Je suis un peu embetée d’avoir raté le thème du mois (je me suis inscrite au groupe FB du coup!) car la langue et la ‘maturité’ dans la langue, c’est ma grande passion. Si un jour je me décide à écrire quelque chose sur le sujet je te ferai signe si ça te dit. A bientot Lucie

    • Bonjour Aurélie, merci pour ton commentaire, je comprends tout à fait, certains mots trop différents tendent à carrément disparaître de nos esprit, pour mieux réapparaître quand on se retrouve en contexte francophone. Pour tes enfants, je ne sais pas si tu connais les associations FLAM, qui permettent de soutenir le développement du français comme langue maternelle.

      • Oui j’ai approché les associations à Turin et Milan, mon petit n’a pas encore 3 ans donc on attend un peu avant de l’inscrire. Il me tarde d’ailleurs! Vu qu’on habite à la campagne, on va aussi se débrouiller un peu tous seuls avec d’autres parents francophones et organiser des ateliers à la bibliothèque. Rien que dans ma petite ville de 15.000 habitants nous sommes 4 familles, pas mal non?

  • Génial ton article ! Je me prends d’un fou rire au boulot avec ton histoire du poulpe !!!
    Sa me rassure de voire que je ne suis pas la seule à galérer à ordonner mon cerveau avec les différentes langues (je suis née et vis en France, mais je parle une langue maternelle plus parfois anglais et/ou espagnol – mes 7 ans d’allemand sont également un très très vieux souvenir).
    Et oui quand j’améliore une langue, j’ai l’impression qu’une autre se fait la malle …lol
    Mais mon espoir réside dans le fait que malgré le fait que je n’étudie plus ces langues, je continue à apprendre du vocabulaire (à la télé, en conversation, etc) et ça c’est vraiment génial !

  • Je découvre ton blog depuis quelques temps, et j’ai beaucoup aimé cet article également ! La vidéo est poilante, je l’avoue, même si un peu forcée quand même, hein. Je veux dire, j’ai pas l’impression que le terme « lapin » fasse partie du langage courant en italien, s’il permet juste de désigner la fourrure de cet animal dans un vêtement :p
    Je me souviens aussi que quand j’habitais en Italie, c’était la galère absolue quand, parfois, je devais parler en Anglais. Je ne retrouvais aucun mot.
    Et je n’ai jamais, jamais, réussi à rouler mes « r » convenablement. Grr !
    Bref, merci pour cet article et la vidéo et bonne continuation de ton blog !:)

    • C’est sûr que beaucoup de mots français appartiennent à un répertoire moins utilisé et plus spécifique, comme tu le dis au quotidien on parle de coniglio et pas de lapin. Mais si on veut se donner un ton, on peut choisir le français… c’est ça que je trouve drôle !

  • Moi aussi je doute sur le français parfois. Je me remets à lire en français ces derniers temps car même sur mon blog je ressens que c’est plus trop ça ! Je suis parfois obligée de vérifier des tournures sur internet…
    Mais en même temps je ne me considère pas bilingue, du coup je veux encore progresser en anglais ! J’ai l’impression qu’il faut choisir parfois.

    Au fait, Venise c’est trop chouette ! J’y été il y a quelques semaines avec une copine vénitienne, waouh ! Bellissimo !

    • Oui quand on doit écrire en français maintenir un lien continu avec sa langue maternelle est primordial, ça peut être simplement lire la presse en français si on n’a pas le temps pour la littérature…
      Ravie que Venise t’ait plu 😀

  • Bonjour Lucie,
    Très bel article, vraiment intéressant. Je me reconnais totalement dans les difficultés que tu décris pour l’apprentissage des langues étrangères. Je souffre depuis le collège. Anglais, Espagnol… Depuis des mois, je travaille l’Italien, un pays que j’adore, mais, malgré la motivation, les progrès sont lents (je hais la grammaire dans toutes les langues!). Je lis la presse, des livres bilingues. Ton expérience me donne du courage. L’idée d’un journal intime pour s’obliger à écrire est intéressante. L’immersion est sans doute le meilleur moyen de réellement progresser. C’est un projet à court ou moyen terme.
    Bonne continuation dans le perfectionnement de cette belle langue et pour ton blog, vraiment agréable à lire.

  • Buonasera a tutti.
    Mon approche est différente : j’apprends la grammaire italienne au CCI de Paris, je lis de mieux en mieux, mais mes progrès oraux sont insuffisants. Ce n’est pas grave : je le fais en prévision de ma future installation en Italie, pour être le plus préparé possible. J’ai encore du temps devant moi, ce projet étant planifié dans quelques années ! (d’où mes recherches sur un certain nombre de blogs ou de sites). Quant à l’article, il m’a bien fait rire aussi ; pettine ou spazzola ne sont effectivement pas la 1ère urgence, et pourtant on nous en parle quasi dès le début … Un peu comme jadis, en anglais, « mon Taylor is rich », qui n’a jamais servi à personne. Enfin. C’est comme ça. J’espère simplement qu’un jour, je serai capable d’écrire la même réponse, intégralement en italien, et sans aide. Chi vivrà vedrà. Ciao ragazzi.

  • Il est super intéressant ton article ! Et j’adore ton idée de journal intime en italien !
    Rouler les « R » c’est tellement compliqué, je pense que rien que pour ça j’hésiterais à parler les quelques mots d’italien que j’ai appris la prochaine fois qu’on sera en Italie, tellement peur d’être ridicule / pas comprise / incapable de me faire comprendre / encore plus ridicule !
    Sinon j’ai récemment essayé de parler en allemand avec la copine de mon cousin, un mot sur trois me venait en anglais c’était très frustrant ! Mon oncle, qui vit en Allemagne depuis plus de trente ans, galère pour trouver les mots en français par moment et il y a même des mots (techniques, en rapport avec son boulot en général) qu’il ne connait qu’en allemand !
    C’est tellement complexe et fascinant à la fois, l’univers des langues ! Merci pour ce chouette article 🙂

  • Je me retrouve tellement dans ton article ! Finalement l’immersion vaut tous les cours scolaires du monde. Après des années d’apprentissage d’espagnol, je serais encore foutrement incapable de tenir une conversion. Alors que 3 ans à Madagascar, je me retrouve à me débrouiller pour parler le malgache, une langue totalement inconnu pour moi auparavant. Aujourd’hui, mes proches en France me disent même que mon français à un accent malagasy maintenant…
    Et j’ai le même problème quand je parle Anglais, je galère à trouver un vocabulaire pourtant simple.
    En tout cas merci pour l’article !

    • On me dit parfois que j’ai l’accent italien, mais je ne sais jamais si ça n’est pas un malentendu de mon accent du sud… qui sait ? Le malgache, effectivement, ça doit être une autre aventure car il n’y a pas de racines communes avec le français j’imagine ?

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