Conversation avec un expat : Florian à Rome

florian expat à RomeL'ombre de Florian au Colisée
Florian est l’un des nombreux français qui ont choisi de s’installer à Rome. Suite à ma première interview d’expat, nous avons commencé à discuter sur facebook* de nos parcours et de l’évolution de nos vies professionnelles, qui s’adaptent aux envies d’expatriation. Sans jamais avoir pu le rencontrer, j’ai pourtant eu envie de lui faire raconter son parcours particulier, de la pharmaceutique à la plongée sous-marine en passant par le théâtre.

 

* grâce au très utile groupe facebook « francophones à Rome »

 

Si vous envisagez l’expatriation, je recommande vivement de rejoindre ce type de groupes d’entraide, qui existent à Rome, Milan, Bologne…

 

Salut Florian ! Tu peux nous dire quelques mots sur toi pour te présenter ?

Salut Lucie, et bien que dire, j’ai bientôt 29 ans et je suis originaire du sud-ouest de la France, à priori aucune origine italienne même si je me définis comme un vrai latin. Je suis un grand passionné de sport, de théâtre et de voyages, ça tombe plutôt bien.



Que faisais-tu en France avant de t’installer à Rome ?

En France, j’avais plutôt un bon boulot dans l’industrie pharmaceutique où j’étais responsable scientifique et commercial pour un groupe qui fait essentiellement des dispositifs médicaux destinés à l’hôpital. 


Un beau jour, tu as décidé de t’installer à Rome. Tu peux nous raconter la naissance de cette envie ? Qu’est ce qui t’as motivé à franchir le pas de l’expatriation ?

Évidemment, comme tu t’en doutes ça à été un long parcours et ça ne s’est pas fait du jour au lendemain. Tout d’abord, il y a 5 ans, j’ai rencontré un groupe de siciliens à Bordeaux où je vivais, parmi eux j’ai découvert une culture, une gastronomie, un sens de l’accueil : bref les prémices de tout ce qui m’a fait aimer l’Italie. Je dois dire aussi que j’y ai rencontré ma compagne qui a beaucoup contribué à tout ça. Dans un premier temps j’ai commencé à apprendre l’italien de mon côté (avec son aide), puis en 2013 je me suis lancé et j’ai pris un congé sabbatique pour aller vivre en Sicile. Enfin, après cet interlude sicilien, j’ai repris mon boulot en France, avant de décider un an plus tard de rejoindre à nouveau ma compagne à Rome cette fois, où elle avait été mutée.

expat Florian à Rome

Le parc des aqueducs à Rome – photo personnelle


Au niveau professionnel, comment s’est passée ton arrivée sur le marché du travail romain ?

Au niveau professionnel, Rome s’est révélée plus complexe que ne l’attendais, surtout pour les jeunes dont la situation est assez précaire, beaucoup de petit boulots, mal payés et toujours en CDD. Cependant je pense que ce sont mes attentes qui n’étaient pas les bonnes, j’ai pensé trouver en la capitale une micro-économie moins touchée par  la crise qu’ailleurs mais il faut garder en tête que Rome est la capitale administrative de l’Italie, pas forcément économique.

 

En changeant de pays, tu as également changé de parcours. Aujourd’hui, quel est ton travail, quels sont tes projets ?

Je suis arrivé ici sans boulot et dans l’idée de changer totalement d’orientation ce qui prend de toute façon du temps, j’ai finalement trouvé un 1er boulot très enrichissant pour l’Institut Français Centre Saint-Louis, où j’élabore des ateliers d’expression francophone pour les enfants. Cet été, je travaille également comme assistant pour un centre de plongée en Sicile et pour la rentrée, j’ai également un projet entrepreneurial dans les cartons avec la création d’un vidéoblog sur le sport.

NDLR : Je suis impatiente d’en savoir plus ! Dès que le vidéoblog est prêt, tiens-nous au courant !

Florian expat à Rome

La vue sur l’île d’Ustica en Sicile – photo de Florian



Parlons un peu de l’Italie. Tu as vécu dans d’autres régions, tu peux nous raconter ton expérience là-bas ?
Comme je l’ai dit avant, j’ai vécu en Sicile en 2013, ça a été pour moi la confirmation de l’amour pour cette terre et ses habitants, on y vit la vraie dolce vita italienne. Je ne veux pas dire par là, rien faire et se dorer au soleil, au contraire, les siciliens sont tous très débrouillards et trouvent quasiment plus facilement un travail satisfaisant qu’à Rome (les exigences du niveau de vie n’étant pas les mêmes non plus).
En revanche on y mange divinement bien, on y vit simplement et proche de la terre, les produits sont locaux même dans le supermarché du bas de la rue et les gens ont un sens du partage permanent. Si certaines iles méditerranéennes ont la réputation de ne pas aimer les touristes ou les étrangers ce n’est absolument pas le cas de la Sicile où les habitants sont toujours curieux de savoir ce qui t’amène sur leur ile et enthousiastes à l’idée de t’en faire partager le meilleur.
expat Florian à Rome

Le trafic romain à Piazza Venezia – photo personnelle

Qu’est-ce que tu aimes dans la culture italienne que tu ne retrouves pas en France ?

Ce que j’aime ici, c’est un rapport plus direct à la vie, surtout dans le sud de l’Italie. Les gens sont moins privilégiés que nous en France d’un point de vue économique mais tu ne le ressens pas vraiment. Il y a beaucoup de solidarité, la famille remplace l’état et la reconnaissance y est bien présente.
Il y a un rapport plus affectif aussi, les gens sont tous dans l’affect, ce qui me correspond bien, et enfin c’est bien connu les italiens parlent beaucoup mais ils disent aussi ce qu’ils pensent et au moins tu sais toujours où tu en es.
D’un point de vue de la culture bien sûr comme je l’ai dit la dolce vita italienne existe et est attirante. Mais finalement, en comparant, nous avons une culture très proche même au sein de l’Europe nous sommes vraiment cousins, donc ce n’est pas ce qui me change le plus.
Au contraire, y-a-t-il des choses que tu n’aimes en Italie et qui sont différentes en France ?

Évidemment, tout n’est pas rose et ce qui va mal ici permet aussi de relativiser certaines choses en France, à commencer par la propreté et l’entretien général des lieux publics. Que se soit à Rome ou en Sicile, c’est une catastrophe qui m’énerve dès que j’en parle. Il y a aussi les Romains au volant, ça peut faire parti du folklore et faire sourire pour un weekend touristique, mais quand tu te déplaces en vélo toutes les semaines au milieu de cette jungle tu deviens fou pour l’incivilité et le danger permanent qui t’entoure.

expat Florian à Rome

Le sommet enneigé de l’Etna et la vue sur la baie de Catane – photo de Florian


Dernière question, comme on est sur un blog de voyage, est-ce que tu aurais un coin d’Italie un peu inconnu et pourtant fantastique à partager avec nous ? Une ville, un parc naturel, une petite île… fais nous rêver 🙂

 

Tu dois te douter que je vais te reparler de la Sicile, je pourrais écrire un guide entier tant elle est riche de paysages. Parmi les incontournables, je suis un amoureux de l’Etna (le plus grand volcan d’Europe en activité) : de son sommet tu peux quasiment contempler l’île entière qui est pourtant la plus grande de Méditerranée et tu peux même, en hiver, avoir les pieds dans la neige et y contempler la baie de Catane un spectacle époustouflant (cf photo).

Pour parler de lieux moins connus du grand public, il y a les iles siciliennes, une multitude de petites îles qui entourent la grande Sicile.
Il y a les Iles éoliennes et la plus connue Stromboli avec son volcan éponyme, mais moi mon choix s’arrête sur l’une des plus petites mais aussi des plus méconnues, Ustica ! Petite ile au large de Palerme, un havre de paix même en plein mois d’aout, réputée pour être l’un des plus beaux site plongée de Méditerranée. Alors si le cœur vous en dis passez m’y rendre visite cet été* pour une ou plusieurs plongées (http://www.misterjump.it).
 
*NDLR : ou l’été prochain, je publie l’itw un peu tard pour cette saison (oups)
Lecteur, si tu es expat en Italie et que tu souhaites participer à la rubrique, tu peux m’écrire un message en m’expliquant ton parcours (voir le formulaire de contact rubrique à propos)
Merci à Florian d’avoir partagé son expérience, en espérant qu’elle saura aider ou inspirer ceux qui se posent encore tant de questions sur l’expatriation en Italie !

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