Étrusque radical chic

visite de l'étrurie

A louer : superbe caverne creusée à la main par des populations étrusques de l’âge de fer. Proche toutes commodités (œnothèque, marché bio, fromagerie). Accès facile grâce à la via cave creusée dans la roche. Prix à débattre. 

Le phénomène porte différents noms, mais une chose est sûre : les petits villages Toscans sont une terre de bobos vivant entre les tombes étrusques millénaires.
Les allemands parlent de toscanafraktion, les italiens n’hésiteront pas à dire que vivre à Pitigliano, c’est très radical chic, et moi, je dirais que la traduction française sera un bien classique bobo.

Pourquoi pas se convertir bobo alors, si ça veut dire avoir villégiature dans ce mini paradis toscan que j’ai eu le plaisir de visiter hier…

 

Visite de l’Étrurie, premier arrêt : Sutri

Nous sommes partis de Rome à l’aube (8h du matin un dimanche, c’est l’aube) avec la voiture de Giuseppe, un ami passionné de culture étrusque et d’architecture. Giuseppe connaît la région comme sa poche, et il aime bien le mystère : pour nous inviter à passer la journée en Toscane, plutôt que de révéler la destination, il nous a envoyé une photo d’un village en tuf. Une journée pleine de surprises, où l’on se laisse guider sans se soucier de rien. J’adore.

Premier arrêt, Sutri, encore dans le Lazio, où un amphithéâtre étrusque creusé dans la roche nous ouvre ses majestueuses portes. Le printemps recouvre tout d’herbe verte et de pâquerettes, j’ai l’impression d’entrer dans une sorte d’éden vert. Une guide nous propose de nous faire visiter le Mitreo, un lieu de culte taillé dans la falaise de tuf (attention, spoiler : les étrusques aimaient creuser). Une porte s’ouvre et nous pénétrons dans un lieu hors du temps. D’abord nécropole étrusque, puis temple païen dédié au Dieu Mithra, le lieu est transformé en église, puis couvert de fresques au XIVe siècle. Depuis cette époque, le temps semble n’avoir plus bougé.

 

 

 

 

 

 

 Sorano, d’un sommet à l’autre

Arrivés en Toscane, nous commençons par visiter la petite ville de Sorano, parfaite pour un pique nique. La ville s’accroche à la roche et les longues façades des maisons donnent des élans de vertige. Une étrange place surplombe le village et permet une vue panoramique de la vallée à couper le souffle. Dans une épicerie fine, nous achetons des panini composés de prosciutto et de pecorino locaux, et c’est parti pour la balade !

 

 

 

 

Les étrusques séparaient la cité des morts de la ville des vivants. En face de Sorano, on peut voir des cavernes s’ouvrir dans la falaise : les tombes étrusques. Pour y accéder, ils construisirent les vie cave, des chemins creusés dans le tuf. En grimpant sur ces chemins, on arrive aujourd’hui à un promontoire où l’on admire la vue sur la ville des vivants. Si la randonnée est courte, on apprécie tout de même le sens donné par les étrusques au cheminement d’un monde à l’autre, sur l’articulation de deux mondes entre vie et mort.

Sovana, deux rues et puis basta

Nous reprenons la voiture et un peu plus loin, nous arrivons au village médiéval de Sovana, minuscule ville composée d’une place principale et de deux rues. Mignonne mais moins intéressante que Sorano, la ville vaut bien un arrêt pour prendre un café dans une paix royale : pas une bagnole, rien que le chant des oiseaux et la rumeur des conversations…

L’area archeologica di Sovana

 

 

 

Plus intéressant, non loin de Sovana s’étend l’une des principales zones archéologiques étrusques. Pour un coût de 5€, l’on accède aux tombes monumentales redécouvertes au XIXe siècle par les archéologues. La balade dure 40 minutes et nous entraîne à travers la forêt jusque dans les chambres funéraires sous la terre. Brrrrrr….

Pitigliano, une scène idéale

Pour finir, nous arrivons au soleil couchant dans le village de Pitigliano. Toujours à flanc de rocher, la ville est marquée d’influences plus variées, mélange de styles et d’époques (étrusque, romain, médiéval, baroque, secouez, voilà Pitigliano).

La place principale du village s’ouvre sur la nature environnante comme la scène d’un théâtre. Ici, la ville semble réellement servir de cadre à l’œuvre d’art de la nature. Dans une petite œnothèque, nous achetons une bouteille de vin rouge local et nous nous posons face au panorama sur la ville pour regarder la nuit tomber sur les vieilles pierres en mangeant du fromage de brebis toscan… un moment vraiment très radical chic.

 

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