Les Pouilles #3 Alberobello et le tourisme de masse

A l’ère de la société moderne artificielle, où l’on ne respire plus que des odeurs dénaturées de pots d’échappement, où nos vêtements sont en fibres plastiques, où notre nourriture ne court plus dans les prés et où même les fleurs sont produites en usine, l’authenticité est devenue le nouveau Graal.

alberobello et le tourisme de masse
« Ces trulli sont construits à la main avec de vraies pierres »

On veut voir du typique. Manger du fait maison. Du pétri main. Toucher des pierres made in vrais cailloux. Regarder des gens qui vivent comme autrefois. Observer, fascinés, la vie des autres, qui habitent encore ces endroits que la modernité aurait voulu détruire, ces temples d’authenticités avec des vraies valeurs.

Vous l’aurez deviné, ce genre de tourisme m’agace parfois un peu.
Prenez un lieu qui fait plonger dans le passé, dans une époque révolue mais qui fleure encore bon les traditions.

Au hasard, Alberobello.

Alberobello a été classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. En effet, ce charmant village est composé de Trulli, des habitations rondes construites en pierre, dont la forme évoque le sein maternel (c’est Umberto Eco qui le dit).
C’est un lieu unique au monde, très particulier, et très beau. Les toits des trulli, peints de symboles religieux, magiques ou païens, invitent à la rêverie sur le bon temps passé, quand les gens dormaient à 5 dans la même chambre et faisaient leur pain eux-mêmes.

C’est là que débarque le tourisme de masse. So authentic! Il faut valoriser le patrimoine, alors c’est parti, on construit un parking pour les autobus, on réveille l’économie locale en transformant les Trulli en magasins de souvenirs. Les jeunes des familles, à la porte du trullo, jouent les rabatteurs et invitent les touristes, en anglais, à visiter leur demeure, pendant que pépé, à l’intérieur, sert une tournée de liqueur d’amande et essaie de vendre la bouteille. Pendant ce temps, Maman, à la caisse, vendra aux enfants des jouets en bois fabriqués en Chine ou bien des cartes postales.

Voilà comment, pour être bankable, des lieux sublimes deviennent des parcs d’attraction, caricaturant leur folklore et leurs traditions pour satisfaire la demande.

En même temps, ce genre de lieux attirent nécessairement la curiosité. Quoi, aller dans les Pouilles et ne pas voir de trulli ? Mais enfin, c’est typique ! Alors on y va, et on s’émerveille parce que oui, c’est beau, et on s’attriste devant les vitrines criardes des magasins de souvenirs qui pourtant existent parce que nous, touristes, nous sommes ici.

Malgré tout, si vous passez dans les Pouilles, je vous conseille de traverser la vallée d’Itria (où se concentrent les villages de trulli, dont Alberobello) : c’est vraiment très joli, cette campagne semée de petites maisons de pierres. Par contre, je ne retournerai pour rien au monde à Alberobello durant la haute saison touristique, car le lieu est vraiment pris d’assaut.

Bref, touriste de masse je serai, mais hors saison svp.

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4 Comments on "Les Pouilles #3 Alberobello et le tourisme de masse"

  1. Très bel article! Tellement de beaux endroits dans le monde ont aussi un peu perdu de leur âme…

  2. Coucou Lucie,

    Merci pour cet article !
    Sais – tu si Alberobello est accessible en train ?

  3. Salut Kathy ! Je t'avoue que je ne sais pas où est la gare mais il semblerait qu'il y en ait une, sinon il existe des bus depuis les principales villes des Pouilles (Bari, Lecce, Taranto). Tu peux trouver plus d'infos sur ce site : http://www.tuttoalberobello.it/it/pagina.asp?a=Alberobello&p=Treno
    Tu as l'intention de passer par là bas ? N'hésite pas à m'envoyer une petite photo sur la page facebook si tu y vas ça pourrait être rigolo 🙂

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