Petits bonheurs de Bologne

Petits bonheurs de Bologne


Je ne compte plus mes voyages à Bologne. A force d’y filer pour un weekend, une journée ou quelques jours en transit au cœur de mes vagabondages italiens, je l’ai vue sous toutes les saisons. Étouffante l’été, brumeuse en automne, glaciale l’hiver, souriante au printemps.

visiter Bologne
Quand la brume descend sur Bologne et masque les tours

Depuis mon premier voyage, j’aime Bologne. La Grasse, la Rouge, la belle Bologne. Pourtant, sur ce blog, aucun article digne de ce nom pour la célébrer. J’ai bien écrit un vieil article dont j’ai un peu honte. Datant des débuts du blog, malhabile peut-être. Je l’envoie discrètement quand on me demande des conseils sur la ville, en m’excusant presque.

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L’automne à Bologne

Pourtant, un de mes rêves dans le tiroir (pour traduire une expression italienne), c’est d’habiter Bologne. Sans trop savoir pourquoi, à chacune de mes visites, je m’y sens chez moi. J’y ai pris des petites habitudes, des manies de touriste régulière. J’y ai mes lieux, même si j’en découvre encore d’autres à chaque échappée. J’aime retourner dans certains bars, fréquenter certaines places, refaire le monde dans certains cafés. A Bologne, comme à la maison.

Déambuler sous les portiques

Visiter Bologne
L’impression d’être dans le couloir d’un riche palais

Une évidence dès la descente du train. Bordées de portiques, les portici, les rues de Bologne enveloppent le marcheur qui s’engouffre dans ses passages. Dans un espace à part qui lui appartient, il se laisse aller à déambuler dans ces galeries ouvertes et couvertes. Parfois, il lève le nez sur une voûte peinte. Ses yeux s’arrêtent sur une flèche ou sur les détails d’un sol en terrazzo aux belles couleurs orangées. Bologne se parcourt comme un corridor, dedans-dehors à tout moment.

Grimper jusqu’aux collines

Le début du chemin couvert qui monte à San Luca, un dimanche brumeux de novembre

Bologne est une tache orangée dans un monde vert. Tout autour de la ville, les colli bolognesi et leurs douces courbes. Le weekend, dès le printemps, le pique nique sur les collines est un rituel des familles ou des groupes d’amis. Les voitures chargées de victuailles partent à l’ascension des monts, mais les phobiques du volant comme moi peuvent mettre leurs baskets. Du cœur de la ville, commence une longue promenade couverte qui porte jusqu’à la Basilique de San Luca. Protégé du soleil ou de la pluie par les portiques, on arrive facilement hors de la ville.

Se balader à Pratello

Ancien quartier populaire à tendance craignos, Pratello est aujourd’hui un mélange de boutiques à la mode, de bars sympas et de jeunes hipsters à bonnets. Doucement gentrifié, le quartier est agréable et festif. Autour de l’église San Francesco, c’est l’un des lieux de mes lieux de prédilection pour mes déambulations nocturnes à Bologne. Peut être encore plus que les autres italiens, les bolognais aiment leurs places. Même en hiver, on est rarement à l’intérieur à Bologne. Le soir, on se retrouve sur les places pour discuter, boire des coups, former des concerts improvisés. Devant l’église de San Francesco, j’ai de beaux souvenirs de nuits étoilées à refaire le monde sous une voute céleste plus belle qu’un dôme de basilique.

Le bar : Bar de’ Marchi

Sept églises en une

Oui, à force de lire ce blog : vous savez. “En-Italie-entrez-dans-toutes-les-églises-gna-gna-gna. Elle se répète un peu nom ?”

Les septs églises vues de l’extérieur

Ouais ben là, à Bologne, faites d’une pierre sept coups. En entrant dans l’église de Santo Stefano alle Sette Chiese, qui casse tout suspens dès le nom, vous ne visiterez pas une, mais sept églises d’un coup. Le complexe a en effet englobé petit à petit de nouvelles structures et chapelles, résultant en un complexe labyrinthe d’autels, de cloitres et de prie-dieux.

Musique, Bologne

Je ne sais pas bien pourquoi, mais j’associe instinctivement Bologne à la musique. Chaque fois que j’y mets les pieds, je finis à un concert, à une soirée électro, sur une place où ça joue de la guitare, des percussions ou du didgeridoo (cet instrument du diable).


Bologne, la musique, la fête.

Bien sûr, on pense à Lucio Dalla qui chante Piazza Grande et on imagine le Signore mettre l’ambiance sous les voûtes des osterie. Mais la vivacité de la scène musicale Bolognaise n’appartient ni au passé, ni entièrement à la chanson italienne.

Pour trouver quelques groupes locaux à écouter, je suis tombée sur cet article de Vice.it qui en suggère plusieurs.
Sinon, pour savoir quelles sont les soirées musicales lors de votre passage, consultez la revue Zero, dans son édition bolognaise.


Une assiette de tagliatelle al ragù ou la vie

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Je vous l’ai dit en intro : Bologne est surnommée la Grasse. Certainement que si j’y déménageais, je partagerais vite le même surnom vu ma passion pour la cuisine locale.
Imagine des pâtes fraîches, de la viande hâchée, du jambon de Parme, du parmesan, du vinaigre balsamique, des tortellinis, divers affettati (charcuterie ou fromage à la coupe), et tu as de quoi faire du cholestérol. Ou une épicerie bolognaise. Bref. Je m’égare : quand je vais à Bologne, irrésistiblement, j’ai envie de tagliatelle al ragù.

Non, pas de “pâtes bolo”. “Les pâtes bolo n’existent pas” est le nouveau “il n’y a pas de crème dans la carbonara” donc je ne vais pas vous saouler. Vous devriez être au courant. Ce que le vaste monde surnomme pâtes bolo s’appelle ici tagliatelle al ragù. Soit des tagliatelle fraiches, dont la texture rugueuse et poreuse va s’imbiber de délicieuse sauce à la viande mijotée des heures durant.

Miam.

Quelques adresses où manger à Bologne :

  • Trattoria Annamaria, parmi les tables tradi, nappes blanches, photos des années 60 au mur, saveur rétro.
  • Trattoria da Vito, aimée du chanteur Lucio Dalla (et de beaucoup d’anonymes clients, dont moi)
  • Baracca e Burattini, où j’ai mangé récemment un peu par hasard et qui s’est révélé servir de très bons plats de pâtes
  • Osteria dell’Orsa, que je me réserve de tester une prochaine fois : on ne peut pas y réserver et les tables collectives sont vite prises d’asseau. Il n’y avait plus de place mais le lieu avait l’air vraiment sympa.
  • Sfoglia Rina, un peu “à la mode” mais on y mange très bien, un peu comme à la maison, des pâtes fraîches faites sur place, vendues aussi au kilo pour cuire chez soi.

Entrer dans toutes les librairies

La plus vieille université du monde est celle de Bologne. Forcément, les Bolognais ont un faible pour les livres. Ajoutez à ça la Children Book Fair ; une bibliothèque publique parmi les plus belles d’Italie, la Salaborsa ; une antique tradition d’imprimerie : il y a des livres partout à Bologne. Une promenade sous ses portiques, et c’est la bibliothèque qui s’effeuille. Chaque vitrine m’invite à l’intérieur, et je passe des heures entières entre les pages.

Le soir, on peut même faire la fête en librairie, en passant des rayons chargés de bouquins de Modo Infoshop à son bar adjacent.

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Un petit bout de la bibliothèque Salaborsa

Quelques librairies de Bologne :

  • Libreria dei Ragazzi Giannini Stoppani (jeunesse)
  • Modo infoshop (librairie et bar)
  • Libreria Coop (plusieurs librairies réunies en cooppérative)
  • Libreria Libraccio (occasion)
  • AltridovE (BD)
  • Libreria delle donne (femmes autrices, féminisme)
  • Inuit bookshop (graphic novel et indé)
  • Libri liberi (troc)

Traîner le dimanche, boire des cafés

Prends un dimanche en Italie, un rayon de soleil qui s’infiltre par la fenêtre, le percolateur qui fume et le toc toc un peu nonchalant du bariste. C’est dimanche, on traîne. Le café pris debout au comptoir, oui, mais le nez en l’air. Un macchiato bien caféiné, d’accord, mais dans un jardin, une serre, sur une placette.

Un bar dans une serre = contexte idéal pour un dimanche oisif

Mes cafés pour traîner :

  • Rubik, café musical aux parois recouvertes de cassettes audio, collection du patron. Pour bercer votre dimanche, demandez à écouter la cassette qui vous inspire…
  • La Serra dei giardini Margherita
  • Bar dei Marchesi. En réalité, on y vient à toute heure, pour laisser les heures s’étirer en terrasse en prenant son petit dej, un aperitivo ou un dernier verre.

Faire le marché

Prendre son vélo, y attacher une petite caisse et filer vers le marché. Faire le plein de fruits et légumes de saison, rentrer chez soi, préparer des raviolis aux légumes. C’est le genre de routine à laquelle je n’aurais aucune difficulté à m’habituer. D’ailleurs, j’aime tellement les marchés de Bologne que mon rêve dans le tiroir, le vrai, c’était de m’acheter une ape piaggio et de l’utiliser pour y vendre des pâtisseries maison. Qui sait, un jour, peut-être ? En attendant, je perfectionne mes recettes (notamment grâce aux articles du chef italien Tommaso Melilli, que j’adore).

Mercato della terra, tous les samedis à côté de la cinémathèque (voir carte en fin d’article)

Boire des coups, rigoler fort

Très fort même, si besoin. Il y a un bar de Bologne ou personne ne vous reprochera de faire trop de bruit. Le vacarme, ça leur passe par dessus la tête. Normal, le personnel est sourd-muet. Alors pour communiquer avec le barman, des dessins expliquent les gestes à faire. La communication se fait avec les mains, c’est déstabilisant et super chouette de voir la langue des signes intégrée à un acte aussi banal que commander un verre de San Giovese. 

Bar Senza Nome (voir carte)

Visiter Bologne en quelques petits plaisirs
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2 thoughts on “Petits bonheurs de Bologne”

  • Merci merci merci ! Mille fois merci !
    Cet article est un rayon de soleil dans mes premières heures de la journée. Ton amour pour la ville et ta sincérité son palpables.
    Tu as su m’y transporter mieux que quiconque et je ne peux plus attendre les quelques 4 semaines qui me séparent de cette escapade.
    Merci encore pour cet article inspirant !

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