Dix jours que je suis au RDV chaque jour et que vous suivez ce calendrier de l’avent. Je suis épatée : par ma propre constance, par vos lectures, commentaires, réactions nombreuses, et par la quantité de sujets qui m’inspirent. Aujourd’hui, j’ai un peu moins de temps, alors ce sera plus court. Pour compenser, on va parler d’un lieu splendide : le Teatro Olimpico de Vicence.
Quand j’étais petite, je passais beaucoup de temps au théâtre. Enfin, dans un théâtre en particulier, petit, non-chauffé, installé dans l’ancien garage d’une maison de village du sud de la France. Ma maman, marionnettiste occasionnelle, y faisait danser de belles indiennes cliquetantes, des petits chaperons rouges de bois et de fil et de délicates poupées chinoises. Mais surtout, dans ce théâtre, il y avait l’odeur. Un parfum de bois et de poussière, qui enveloppait les lieux et les spectateurs. Quand les lumières s’éteignaient, avant que le spectacle ne commence, pendant quelques instants l’odeur résumait à elle seule toute la magie des lieux. Dans l’obscurité totale, il ne restait qu’elle, l’odeur du théâtre, pour quelques instants seule sur scène.
Le Teatro Olimpico di Vicenza, parmi les plus beaux d’Italie
Je vous parle de cette odeur car elle m’a frappé les narines par surprise un jour d’hiver, dans la salle glaciale du Teatro Olimpico, à Vicence. Combien de lieux encore renferment-ils se parfum, impossible de le savoir. Comme au Théâtre du Caucase, où ma mère maniait les danseuses du ventre de tissu, soudain, la lumière s’est éteinte. En une seconde, l’odeur de théâtre a pris toute la place dans le noir, recréant la magie. Et voilà que la scène s’est illuminée, que la musique a réveillé le décor, que les statues ont pris vie sous le jeu des lumières.
Dans la lumière revenue, j’ai levé les yeux sur le décor en trompe l’oeil, sur le plafond peint de nuages, sur les statues de l’hémicycle au dessus des gradins. Je n’étais pas venue voir un spectacle, même si le Teatro est encore actif. Une simple visite, ponctuée de jeux de son et de lumière pour raconter l’histoire de ce lieu précieux, imaginé par le Palladio, architecte génial.
Si vous passez à Vicence, sur la route de Venise, je vous conseille absolument de vous arrêter visiter son théâtre, et la ville, qui est magnifique. Vous pouvez prendre un billet pour le théâtre seulement (11€) ais je vous conseille la Vicenza Card (18€) car les musées et les églises méritent vraiment le détour.
Visiter le théâtre : http://www.teatrolimpicovicenza.it/
A demain !
Revoir les cases des jours précédents :
1er décembre – L’église de San Zaccaria, à Venise
2 décembre – L’île vénitienne de San Pietro di Castello
3 décembre – Le mot circumnavigare
4 décembre – La recette de la cacio et pepe
5 décembre – Un de mes films italiens préférés, Il Marchese del Grillo
6 décembre – L’île de San Francesco del Deserto dans la lagune de Venise
7 décembre – Procida et sa crèche, le monde en miniature
8 décembre – Les enseignes de Venise avec Andrea Carrer
9 décembre – Recette : les pâtes au chou-fleur
2 thoughts on “Vicence et le Teatro Olimpico”